L'avantage des longs trajets en voiture, quand on est seul(e), c'est qu'on peut écouter la radio inlassablement. Entre le Beausoleil (que j'ai quitté à la nuit noire)et Genève (où je suis arrivée en plein brouillard), il y a une ligne de partage, non des eaux, mais des ondes. Avant le grand tunnel de 3,8 kms et après. Avant, c'est France-Inter. Après, c'est la Radio Suisse Romande. Et ce matin, entre 9h et 10h, dans l'émission au joli nom "De quoi j'me mêle?", il y avait le sujet de l'anthroposophie, de la pédagogie Steiner et de Rudolf Steiner lui-même.
Pour tenter de comprendre cette perspective, la journaliste est d'abord allée promener son micro dans une maison de Perceval, à Saint-Prex (la maison du "Petit Prince") qui fait cohabiter des enfants poli handicapés et des enfants et préadolescents en grande détresse psychique. A sa question "pourquoi est-ce ici différent?" posée à un jeune garçon de 13 ans, celui-ci a répondu: "Parce qu'ici, je suis...quelqu'un. Ici, il y a de la joie...".
Puis sa recherche l'a amenée à l'Ecole Rudolf Steiner de Confignon, dans la classe d'Ivan Rocher. Là aussi, interviews d'enfants, du maître. Elle a assisté à un cours d'orchestre de classe. Les enfants se réjouissaient des ateliers, mais appréhendaient aussi leur avenir par rapport à l'Université.
Enfin, elle a interviewé deux jeunes filles (étudiantes à l'Uni) de Lausanne qui avaient un avis assez partagé, soulignant certains aspects positifs de la pédagogie, mais aussi la difficulté de s'adapter à un autre système en sortant.
Les journalistes m'ont semblé très objectifs et bienveillants. Très complets aussi dans leur enquête sur le personnage de Steiner et sur la multiplicité des champs dans lesquels il a travaillé (agriculture biodynamique, médecine, pédagogie, astronomie, philosophie,...) avec toujours ce constant souci du lien spirituel. L'évocation de la réincarnation, hypothèse ou conviction, permet de voir l'enfant et l'être humain autrement. Je suis très curieuse de la réaction des auditeurs.
Dans les toilettes de mon lutin genevois, il y a ce superbe mandala que je ne me lasse pas de regarder. J'y vois à chaque fois un autre dessin....