jeudi, janvier 26, 2012

Franz et Baruch

Parfois, il faut se résigner: les mots ont des limites, vaut mieux pas trop les laisser sortir... Faudrait les garder en bouche, les empêcher de glisser au dehors quand on ne comprend pas tout, accepter de ne pas tout comprendre, ne pas s'y perdre, ne pas juger, et tout ça, en même temps!


Bref, ce soir, j'invite Schubert et sa mélancolie pour tempérer la mienne qui menace. Je ne sais pas pourquoi, mais Schubert et Spinoza m'ont toujours semblé proches alors que deux siècles (ou presque) les séparent. Sont-ce les lunettes? une mort prématurée? un certain amour de la solitude choisie ou qui s'est imposée?




                            De Dieu.
1. Quoiqu’il importe à tous les hommes de connaître la vérité, il y en a très peu cependant qui jouissent de cet avantage : les uns sont incapables de la rechercher par eux-mêmes, les autres ne veulent pas s’en donner la peine. Il ne faut donc pas s’étonner si le monde est rempli d’opinions vaines et ridicules ; rien n’est plus capable de leur donner cours que l’ignorance ; c’est-là l’unique source des fausses idées que l’on a de la Divinité, de l’Âme, des Esprits et de presque tous les autres objets qui composent la Religion. L’usage a prévalu, l’on se contente des préjugés de la naissance et l'on s'en rapporte sur les choses les plus essentielles à des personnes intéressées qui se font une loi de soutenir opiniâtrement les opinions reçues et qui n'osent les détruire de peur de se détruire eux-mêmes.
...
4. Pour en venir à bout, il n’est besoin ni de hautes spéculations, ni de pénétrer fort avant dans les secrets de la nature. On n'a besoin que d'un peu de bon sens pour juger que Dieu n'est ni colère ni jaloux ...

(Spinoza - Traité des Trois imposteurs)




2 commentaires:

maloum a dit…

trés beaux textes... antireligieux !

cailloublanc a dit…

Non, Maloum, pas antireligieux... Un Spinoza plutôt relié autrement au divin...